L'hypothèse d'un lien de causalité entre les sels d'aluminium des antitranspirants et le cancer du sein avait été soulevée ces dernières années, soit sous forme de rumeurs sur Internet, répertoriées comme des "hoax" (ou "canulars"), soit par des études dont la méthodologie a été contestée par les Autorités scientifiques françaises ou américaines (1).
Le sujet a pu inquiéter les personnes qui utilisent des antitranspirants.
Or, l'hypothèse d'un tel lien a été formellement démentie. D'abord, par une étude scientifique américaine portant sur 1 600 femmes (Mirick et al., Journal of National Cancer Institute, 16 octobre 2002). Dans le même sens, un rapport conjoint de l'AFSSaPS - AFSSA (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments) - InVS (Institut de Veille Sanitaire) de novembre 2003 conforte les conclusions formulées en 1997 par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) : en l'état actuel des connaissances, les sels d'aluminium utilisés dans les antiperspirants ne peuvent pas être considérés comme cancérigènes. (lire le rapport)
Tout récemment encore, un groupe de scientifiques de renommée internationale s'est penché sur l'ensemble des données publiées dans la littérature scientifique à ce sujet (2).
Leurs conclusions sont parues dans le Bulletin du Cancer et sont extrêmement claires : il n'existe aucune preuve scientifique qui viendrait cautionner l'hypothèse d'un tel lien. Plus précisément : "La conclusion du groupe d’experts rejoint celles des autorités de santé française et américaine. Après analyse de la littérature disponible sur le sujet, aucune preuve scientifique en faveur de l’hypothèse n’engage à poursuivre sur cette voie de recherche." (3)
(1) Afssaps en France (http://agmed.sante.gouv.fr/htm/10/cosmeto/produits-comestiques-faq.htm) et National Cancer Institute aux États-Unis (http://www.cancer.gov/cancertopics/factsheet/Risk/AP-Deo#q2 )
(2) Pr Moïse Namer (oncologue, président de APREMAS et président de la "Commission Patients" du centre Antoine-Lacassagne, Nice) ; Dr Elisabeth Luporsi (oncologue, responsable de l’unité de recherche clinique et de biostatistiques du centre Alexis-Vautrin, Nancy) ; Dr Joseph Gligorov (oncologue, université Paris-VI, AP–HP, Tenon, Paris) ; Dr François Lokiec (pharmacologue, chef du service de pharmacologie du centre René-Huguenin, Saint-Cloud) ; Dr Marc Spielmann (oncologue, institut Gustave-Roussy, Villejuif)
(3) Namer M, Luporsi E, Glogorov J, Lokiec F, Spielmann M. L’utilisation de déodorants/antitranspirants ne constitue pas un risque de cancer du sein. Bulletin du Cancer, 2008 ; 95 (9) : 871-80.